Réponse aux propositions du Dr Dukan pour la lutte contre l'obésité Imprimer Envoyer
Écrit par Mathieu Chantalle / Dimanche, 15 Janvier 2012 16:24   

Dans le journal Le Monde du 4 janvier 2011, on pouvait lire "Des points en plus au bac pour les lycéens filiformes : telle est la dernière idée choc avancée par le nutritionniste Pierre Dukan afin de lutter contre l'obésité. Dans un livre intitulé "Lettre ouverte au futur président de la République", qui paraît le 5 janvier (Le Cherche Midi, 4 €), le docteur Dukan, dont le régime hyperprotéiné compte des millions d'adeptes à travers le monde, avance une série de propositions pour contrer la progression de l'obésité dont celle-ci, provocatrice".

Cette proposition ne devait pas laisser indifférente l'AE-EPS, comme de nombreux éducateurs et personnels de la santé, dont le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids (GROS)

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Voici la réponse publiée par le journal Le Monde, avec laquelle le Bureau national de l'AEEPS est complètement d'accord, faite par Georges Bonnefoy et Raymond Dhellemmes, membres du CEDREPS de l'AEEPS

L'EPS au bac : une option anti-Dukan

Cette proposition du Docteur Dukan est un « coup de bluff » doublée d’une publicité gratuite. C’est ainsi que se bâtissent des fortunes sur un problème complexe de société. Ce problème doit être affronté avec réalisme. Pourquoi alors ne pas s’appuyer sur ce qui existe : une Éducation Physique et Sportive obligatoire au lycée, des programmes d'enseignement, un coefficient (2) au baccalauréat, des enseignants formés et compétents. Bref, un solide service public ?


En affectant alors un coefficient de plus au baccalauréat en EPS validant une réelle maîtrise d’un Savoir S’entraîner Physiquement, on pourrait plus encore promouvoir le rôle d’une activité physique raisonnée, raisonnable et régulière, à visée de santé, et ceci, au-delà du coefficient actuel validant les compétences et connaissances de diverses Activités Physiques, sportives et artistiques.


De quoi s’agirait-il ? Il s’agirait de permettre à l’ensemble des élèves de la nation de vivre par étape un rapport au corps singulier. Lequel ? Celui qui produit le bien-être consécutif à l’effort physique consenti, le plaisir d’agir sur ses capacités physiques. Celui qui permet l’accès à la connaissance des conditions d’une action sur soi, sur ses capacités physiques. Tout cela relève de la responsabilité d’une discipline scolaire : l’EPS. Sait-on suffisamment que cette EPS « à la Française » propose de concilier les apprentissages sportifs, les acquisitions méthodologiques et la construction d’un rapport au corps plus responsable ?


Seule discipline scolaire permettant des apprentissages par l’action, par la mobilisation du corps, indépendamment de la valorisation de telle ou telle silhouette, l’EPS autorise la connaissance par tous les élèves, des conditions nécessaires à un équilibre de vie et de santé. Elle présente ainsi une portée humaniste et une efficacité bien plus réelles que tous les discours normalisants, moralisateurs, voire stigmatisantes, concernant la nutrition. En permettant aux élèves d’acquérir un « Savoir S’entraîner Physiquement » construit par étape au cours d’un cursus scolaire, elle permet à chacun de comprendre qu’il dispose d’une possibilité d’agir sur sa propre condition physique, reconnue aujourd’hui comme un incontestable facteur de santé.

L ’EPS et ses enseignants sont à même de mieux assumer ce rôle, pour peu que leur soit affectés des horaires et des conditions de pratique pour les élèves, en rapport avec cet enjeu de société. Il est de la responsabilité de la nation de prendre la mesure d’une éducation pour la santé au travers de l’apprentissage progressif de l’entraînement physique validé dans le cadre d’épreuves de certification au baccalauréat.
Oui à une option « Savoir S’entraîner Physiquement » au baccalauréat. Non à une option Dukan !