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L’AE-EPS évolue, au gré des actualités de l’EPS, de l’Education. Nous vous proposons, pour mieux comprendre l’implication de l’association des enseignants d’EPS dans les changements de notre discipline, un florilège d’éditos, publiés dans notre revue "Enseigner l'EPS" ex "Hyper-EPS" Le temps de l’à venir… C’est le temps qu’il faut à chacun pour apprendre… C’est le temps pour ETRE ET SAVOIREdito 224-Avril 2004 La Commission THELOT travaille. Elle reçoit les échos des débats qu’elle a proposé autour des 22 questions où ne figurait pas expressément le souci fondamental qui est le nôtre : la contribution de l’Education Physique à l’équilibre de la vie d’un écolier, d’un collégien puis d’un lycéen. Parce que nous avons la conviction d’agir depuis toujours dans la perspective d’une entraide à une meilleure intervention dans l’Ecole nous avons envoyé un dossier* et rencontré Claude Thélot et deux de ses collaborateurs. Contribuer à construire l’Ecole de demain c’est se projeter à l’Horizon 2000 combien ? Car enfin, les élèves des IUFM d’aujourd’hui enseigneront jusqu’en 2050 à des élèves qui seront les parents d’enfants qui verront les années 2100 et quelques années !… La seule certitude aujourd’hui revient donc à celle toute simple à laquelle nous invitent à réfléchir les plus hautes instances éducatives internationales : comment organiser l’apprentissage des élèves de telle façon qu’ils sortent de l’Ecole avec le SOCLE COMMUN DE CONNAISSANCES QUI LEUR PERMETTE D’AVOIR L’ ENVIE ET LES MOYENS DE CONTINUER à APPRENDRE SEULS. Pour l’instant l’Ecole, sauf en Maternelle, est construite à partir des programmes disciplinaires. Elle place élèves et enseignants en crise de temps permanente puisqu’il s’agit d’avoir appris à un moment précis lequel est décidé ailleurs que dans la classe. Or « on peut tout préparer pour aider un enfant à apprendre sans pour autant prévoir ni savoir QUAND il aura appris ». Et si l’on redonnait du temps pour acquérir chacun à sa vitesse les notions incontournables de chaque matière d’enseignement ? Mais, dès que l’on se penche sur la possibilité de diversifier ou différencier son enseignement seuls les enseignants d’EPS s’en tirent à peu près bien : on n’a pas encore décidé qu’il fallait avoir acquis le tir en suspension ou la bascule de fond à tel âge ou à tel niveau de classe on peut donc assez facilement installer un travail par groupe, par atelier, par équipe ou individuel*. Et l’écriture récente des programmes s’est justement faite à partir du « socle commun minimum » à acquérir. Celui-ci recouvre non seulement des performances mais aussi des compétences méthodologiques dont la portée éducative vise justement la capacité à continuer à apprendre seul… Alors en EPS on ne se plaint pas de ne pas avoir « terminé son programme » on a plutôt la sensation de ne pas avoir assez de temps pour faire apprendre tout ce qui serait utile à nos élèves dans la vie qui les attend : des loisirs, de la santé, de l’entretien, bref de l’équilibre personnel qui passerait par une véritable « culture physique de soi pour soi ». Encore faut-il que les enseignants soient assez nombreux et que la formation qu’ils reçoivent leur donne les armes nécessaires et adaptées pour gérer le temps de l’apprentissage de chacun car « lorsqu’un enseignant parvient à donner à tous ses élèves, quelles que soient ses difficultés, le goût de l’étude et de la réflexion, le plaisir d’apprendre et de savoir, il a fait parcourir aux enfants le plus gros du chemin qui conduit à leur culture et à leur liberté » .(M. Grangeat .La métacognition, une aide au travail des élèves. Ed. ESF-1997) *Dossier et synthèse disponibles sur le site www.aeeps.org * (et évaluer un niveau d’acquisition prenant en compte la connaissance de soi dans l’ APSA pratiquée conjointement à la performance réalisée.) Pourquoi de l’EPS ?(Edito 225- Juin 2004) …l’invitation à la prévention telle que la décrit le Président du Conseil d’Administration de l’Institut National pour l’Education à la Santé : « une prévention efficace c’est offrir à chacun la possibilité de se réaliser en donnant les moyens et l’envie de le faire » ?... Formation initiale, formation continue… Il s’agit aujourd’hui de faire de l’Education Physique la discipline stratégique d’intervention pour aider chaque élève à concevoir en fin de scolarité « ce qui est bon pour soi ». Faire converger toute nouvelle connaissance utile à une meilleure écoute, une meilleure lecture des corps, des attitudes, des mouvements et des comportements quelle que soit l’activité pratiquée par nos élèves. Ce qu’on apprend en EPS…….(Edito 227-Déc 2004) « Les « savoirs corporels » ne sont pas considérés comme des éléments de construction de soi, de connaissance de ses pouvoirs, de ses limites, de ses possibilités d’expression, de distraction, d’entretien, de bien être, de santé. Nous sommes des professeurs de « sport », d’ailleurs nous faisons pratiquer « du sport » et les élèves vont en cours de « sport ». Le temps est donc venu de redire ce que l’ EPS apporte de spécifique dans l’école et ceci dans une continuité de la Maternelle à la terminale. Proposons donc de travailler* aux côtés des partenaires sociaux comme nous l’avions fait lors de la préparation des programmes pour le lycée afin de d’indiquer notre attente essentielle pour la loi future : quelle garantisse les apports scolaires des savoirs corporels nécessaires à chaque élève pour qu’il réussisse. Reste à définir clairement s’il s’agit de réussir à l’école… de réussir sa carrière… de réussir sa vie … ? » Pourquoi de l’EPS pour tous à l’école ? Quelles compétences pour enseigner en EPS ?(Edito 228- Mars 2005) Enseigner en EPS, c’est faire entrer dans l’activité, faire progresser, évaluer des acquis, viser une « culture physique » encadrée par des programmes. Dans cette perspective ne faut-il pas veiller à ce que l’école dispose d’enseignants recrutés et formés pour accueillir aussi tous ces élèves qui n’ont pas spécialement envie d’être là ?… Les personnels « associés » ne sont le plus souvent qu’animateurs de leur spécialité ; la polyvalence en EPS avec une formation initiale forte, approfondie peut seule permettre de répondre aux diversités des attentes : animer et enseigner sont deux métiers différents et les personnes qui s’y engagent ont le plus souvent des motivations radicalement autres puisque certains souhaitent s’adresser à des personnes qui ont déjà choisi de venir pratiquer… Et redire encore : nous ne sommes pas des professeurs de sport mais des professeurs d’ EPS. Quelles compétences pour enseigner en EPS ?(Edito 229-Juin 2005) S’il était important de rappeler aux élus et aux responsables que notre discipline relevait d’une véritable mission d’utilité publique il est tout aussi nécessaire de communiquer autrement sur ce que nous sommes dans l’école. … car la nécessité de prendre en compte la réalité des « temps de l’enfant » est aujourd’hui criante. Parce que la journée scolaire laisse plus ou moins de temps personnel elle pèse sur les habitudes de vie. Toutes les enquêtes insistent sur l’importance des heures- écrans, celles qui vident l’esprit et celles qui le remplissent, et dont on sait qu’elles reflètent les habitudes, les modèles familiaux. Mais surtout, télévision ou magnétoscope, console ou ordinateur s’ajoutent aux heures « assises » des devoirs et à celles des cours. Quelle contribution éducative des quelques heures d’ EPS dans ce contexte ? Quelles compétences pour enseigner en EPS ? POUR MEMOIRE notre travail associatif vers un seul but… nous sommes dans le socle commun… et dans les enseignements fondamentaux jusqu’au lycée !(Edito 233- Juin 2006) Oublier la primauté du corps et des affects dans la construction de soi en affirmant haut et fort, à l’échelle européenne, que l’école n’offrira pour socle que des compétences et connaissances dépourvues de leurs supports charnel et affectif, moteur et imaginaire instaure pour les générations futures la plus criante des inégalités : celle qui livre chaque enfant aux modèles les plus proches, la famille, le quartier, le village ou la ville. C’est laisser seul agir comme éducateur- animateur, l’habitus qui enferme dans une enveloppe corporelle suralimentée, « hypo-motrice », formatée par les consoles de jeux et les télévisions déréalisantes. Les classes sociales qui se bougent le plus et se libèrent le mieux pour rentrer dans le monde du travail sont celles qui sont éduquées par leur famille, leur milieu. Celles à qui on a donné « de bonnes habitudes »… Seule l’école et le temps passé dans ses murs peut avoir une chance d’initier autrement. Comment poser la question afin que les médias s’en emparent, afin que les élus investissent à long terme sur le bien être, le mieux vivre, le moins coûtant pour la sécurité sociale voire la sécurité tout court. Investir dans le « capital santé » et le « capital espoir » des jeunes générations est-ce si coûteux ? Cela ne peut-il pas se concevoir en armant les enseignants pour qu’ils soient eux-mêmes heureux d’être là : formés pour leur rôle qui est de faire apprendre chacun, recrutés sur leur envie d’établir une relation vraie avec chaque élève, dotés des outils et du temps qui leur sont nécessaires pour aboutir à des apprentissages réels. L’ EPS à l’école, de la Maternelle à la Terminale, ce sont des apprentissages en acte, la découverte multiforme de ses capacités, de ses goûts et de ses besoins, avec les autres en permanence. Compagnons et témoins de notre cheminement font qu’en cours d’ EPS on apprend, si le professeur est compétent, à dédramatiser chaque échec, à valoriser chaque progrès, à voir combien nous sommes différents mais tous capables d’éprouver ensemble plaisirs et émotions. Filles et garçons, petits ou grands, forts et faibles, blacks, blancs, beurs : l’émotion médiée relie au lieu de séparer. Alors peut-on se satisfaire de n’avoir « qu’un rôle à jouer » pour d’autres apprentissages que ceux qui nous animent - au sens de « donner une âme » - toute notre vie : une véritable « culture physique de soi pour soi » ? (cf édito Hyper 224 « Le temps pour être et savoir ») (Edito 234-Septembre 2006) Alors continuons notre travail et donnons à nos politiciens comme à nos concitoyens plus qu’une vague idée de ce que c’est que « faire la classe » en EPS. (1) « Faire la classe », quelle belle expression passée avec dommages dans un autre temps ! Car enfin ce qui définit le mieux l’art et la manière d’enseigner à un groupe c’est d’abord cette professionnalité là. Repérer dans « la classe » les types de difficultés qu’ils rencontrent, donner aux différents groupes d’élèves les « exercices » disait-on jadis pour essayer de corriger leurs erreurs ; pour « s’exercer » justement ; aller plus loin avec celui-ci qui a encore des difficultés et le questionner sur le « comment il s’y prend » tout en continuant à voir évoluer les autres, à entendre les bruits du travail physique en les différenciant du chahut qui peut démarrer. Travail multi- référencé, pluri- perceptif, multi- décisionnel… Travail de « professionnel de l’éducation », intégré à l’équipe d’école, de collège, de lycée parce que c’est bien dans le cadre de ces cours là que s’éduquent en actes toutes les notions dont le socle dit que nous y « contribuons ». Quelles compétences pour enseigner en EPS ?(Edito 236- Mars 2007) … les autres, dont nous sommes, doutent dès aujourd’hui très fort. Ils doutent que les politiques de tous bords aient pu entendre vraiment ce que l’EP n’a pas su dire clairement et simplement : ce que les élèves apprennent en cours quand ils font du basket ou de la gymnastique… Non pas « le basket », « la gymnastique » mais des connaissances sur eux-mêmes entrain de faire…du basket, de la gymnastique, puisque pour la quasi-totalité d’entre eux ils ne seront ni un basketteur ni un gymnaste. Le professeur d’ EPS choisit, dans les sports qu’il enseigne quelques connaissances-clés, qui pourront servir dans d’autres sports, dans d’autres circonstances, à d’autres moments que dans les cours d’ EPS eux- mêmes. Ce sont justement là les outils indispensables qui permettent à une intelligence en acte d’investir un champ large d’activités physiques, de dépasser les seules qui s’ouvrent dans la proximité du collège, du lycée, du quartier ou du village. Ce sont les moyens pour chacun de pouvoir continuer à pratiquer seul ou entre amis les activités découvertes et appréciées en cours d’ EPS ou celles, nouvelles, qui ne manqueront pas d’apparaître d’ici quelques décennies. Nos élèves d’aujourd’hui pratiqueront en effet jusqu’à un âge avancé des Activités Physiques qui n’existent pas encore* Donner des clés pour découvrir plus tard et ailleurs d’autres pratiques que celles que permettent le lieu et le moment présents, c’est, pour le professeur faire acte d’une véritable citoyenneté républicaine. De la nécessité d’évaluer la plus-value éducative de l’EPS(Edito 237- Mai 2007) Comment, évaluer les apports éducatifs de l’Ecole ? Et plus particulièrement pour notre discipline, à l’aune de quelles références s’agira-t-il d’apprécier cette plus value ? Dans l’école de tous, pour tous et pour chacun qu’est l’Ecole Républicaine, la vigilance, l’existence et l’exigence des professionnels de l’ EPS que nous sommes demeure de rigueur. Passer d’une logique de « moyens » affectés à une logique de « résultats » attendus, c’est également courir le risque que l’ EPS soit, comme l’exemple du sport scolaire l’a montré récemment, évaluée principalement en référence à des mesures comptables prises préalablement. Ce n’est donc pas sur le principe de l’évaluation qu’il nous faut avancer, mais bien sur la proposition et la négociation des champs et des critères d’évaluation de l’impact éducatif de notre discipline. L’ EPS ne pourra plus se contenter de poncifs sur ses vertus éducatives, pas plus que d’assimiler les acquisitions des élèves à celles d’une pratique sportive non scolaire. Il nous faut construire avec sérieux, dans une approche de nature scientifique et avec les enseignants eux-mêmes, des éléments de références, des indicateurs, des preuves de l’apport singulier de l’ EPS de façon globale, par niveau scolaire. De l’EPS pour tous : pourquoi des heures obligatoires ? Rentrée 2007-2008… « Plus de sport à l’école » : d’utiles confusions(Edito 238- Septembre 2007) … que ne soient pas confondus les horaires obligatoires ouverts à tous les élèves et ceux, optionnels qui risquent de solliciter sans doute seulement ceux qui en ont le moins besoin… Enfin, et dans la mesure où la « plus-value éducative » de l’ EPS semble sous entendue par nos dirigeants, la cohérence, pour le moins, voudrait que les économies de postes ne se fassent pas au détriment d’un secteur où justement il faudrait « investir pour l’avenir »… Rentrée 2008… de l’accompagnement éducatif ?…(Edito 242- Septembre 2008) Les réformes du système éducatif, les nouveaux programmes scolaires, de l’école primaire à l’Université ont un point commun : le modèle choisi est celui qui laisse les plus démunis là où ils se trouvent, dans leur quartier, dans leur niveau, dans leurs difficultés. Pourquoi ce constat quand justement sont proposés des moyens spécifiques d’accompagnement… de soutien … d’aides diverses ici ou là ? Parce que les activités volontaires sont pratiquement toujours l’expression d’une recherche de plaisir immédiat plutôt que d’effort, d’expression de soi plutôt que de quêtes plus ou moins laborieuses de savoirs*. Qu’en serait-t-il des modules, des options, des ateliers, des choix d’accompagnement éducatifs proposés dans tous les établissements scolaires s’ils ne sont pas contrôlés et validés à un moment où à un autre du cursus ? Ne reste-t-il pas à décider clairement que l’EPS reste obligatoire jusqu’à la fin du parcours d’un élève scolarisé, que soit validés et certifiés des acquis d’EPS et non des activités de loisirs sportifs par ailleurs tout à fait respectables. C’est dans cette perspective précisément que l’EPS a été sollicitée depuis 1985 pour évaluer en contrôle continu ce que les élèves apprennent… Pas du sport bien sûr : de l’EPS qui ne donne pas de médailles mais des savoirs pour la vie… |


